• Jardin sur Cour

Morgan L'Hostis : « Jouer Lola est un pur plaisir »





Une création sensible et qui sensibilise. Inspirée d'une histoire vraie, la pièce de théâtre musical Zourou, Au-delà des mots, offre un regard intime sur le handicap. Une plongée poétique dans une famille où la sincérité s'exprime parfois davantage dans les corps que dans les mots.


Comédienne, danseuse et chorégraphe, Morgan L'Hostis se fond dans la peau de Lola, adolescente atteinte d'un sévère trouble du langage. Pour endosser ce rôle exigeant, l'artiste a dû lâcher prise et laisser l'improvisation sublimer les émotions.


Avant de monter sur scène au Festival OFF d'Avignon, la comédienne nous parle de son interprétation de Lola dans Zourou, une production Jardin Sur Cour.


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Pourquoi as-tu souhaité interpréter Lola ?


Mélodie [Molinaro, co-auteure et metteuse en scène de Zourou, ndlr] m’a parlé de sa pièce dès sa genèse, me disant qu’elle pensait à moi en écrivant le rôle. Quand une amie que tu estimes aussi bien humainement que professionnellement te dis ça, tout en précisant qu’il s’agit d’un rôle de composition important, et dansé… On ne peut que foncer, non ?


Zourou est un projet qui me fait vibrer depuis les premiers mots de Mélodie à son sujet : une pièce qui se veut sensible, sensibilisante et poétique, toute en douceur, et un challenge de jeu et de danseuse effrayant. Moi, je ne peux que foncer.


C’est un rôle inhabituel, où le langage est presque absent. Qu’est-ce que cette particularité a changé dans ton travail ?


Créer et interpréter une jeune adolescente en situation de handicap, c’est une pression énorme pour moi. J’avais peur de caricaturer, d’être maladroite, d’en faire trop peu ou pas assez. Il m’a fallu une bonne dose de lâcher prise et de confiance en Mélodie et Houdia [Ponty, assistante à la mise en scène, ndlr], qui connaissent très bien ce sujet. Pour résumer, ce rôle me fait plus que jamais travailler sur ma présence et mon écoute, sur le plateau comme derrière le rideau.


Lola ne parle pas ou peu selon les scènes, elle s’incarne donc dans le corps et possède une motricité particulière. Elle réagit à l’écoute des autres, ce qui fait que je m’appuie énormément sur mes partenaires. Elle subit toutes ses émotions, je dois être connectée au moment présent à chaque instant.

J’ai eu beaucoup de libertés dans la création et jouer Lola est finalement un PUR plaisir. Elle est très demandeuse, émotionnellement, physiquement, mais elle me le rend si bien !




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La danse tient une place importante dans Zourou et dans la vie de Lola. Tu es à la fois interprète et chorégraphe dans cette pièce. Peux-tu nous parler des chorégraphies, ce que tu as voulu exprimer et ce qu’elles apportent à la pièce ?


Dans cette pièce la danse n’appartient qu’à Lola et les autres personnages ne dansent pas (à une petite exception près), parce qu’il s’agit de mettre en mouvement ses envolées imaginaires et ses émotions. J’essaie de chorégraphier la vérité de Lola pour raconter ce que la musique des mots pourrait transmettre dans une chanson.


Je suis partie de sa corporalité pour trouver sa danse. Je lui ai attribué quelques mouvements compulsifs involontaires, une hyperlaxité et une démarche particulièrement désaxée. À partir de là, j’ai décidé d’improviser avec tous ces éléments, de me laisser porter par la musique, les émotions que traverse Lola au fil de son évolution pour laisser la place à une expression différente mais si naturelle pour moi.


C’est comme ça que je travaille mes chorégraphies, par l’improvisation, et ici j’ai eu la chance de créer pour moi-même, littéralement sur-mesure. Je m’accorde d’ailleurs beaucoup de liberté à tisser à l’intérieur du cadre de la mise en scène, en respectant mes repères chorégraphiques et musicaux. J’adore l’improvisation et on me confie un rôle où je peux m’offrir ce luxe, que demander de plus ?




Comment résumerais-tu la pièce avec tes mots et ta vision ?


Zourou, c’est une pièce théâtrale qui accueille avec beaucoup de justesse un univers sonore et visuel sobre et poétique pour parler de la différence.

Toute en poésie mêlée de moments simples et sincères, elle amène des personnages à se rencontrer, qu’ils ne se connaissent pas ou qu’ils fassent partie de la même famille. Ils vont apprendre à se connaître eux-mêmes et entre eux, grâce aux autres.

Cette pièce propose aussi au spectateur un regard doux de tolérance et d’universalité, j’espère. C’est un beau message, je crois. Je suis très fière d’en faire partie.



Toutes les infos sur Zourou, Au-delà des mots, sont ici : https://www.jardinsurcour.fr/zourou.